Plus de deux ans passés en Californie pour travailler sur le transport automobile de demain

Mathias Wulfman est parti pendant 17 mois aux Etats-Unis grâce au soutien des donateurs. Sa volonté ? Effectuer un Master of Science en Mechanical Engineering avec une spécialité en contrôle des systèmes dynamiques complexes. Une fois sur place, il a pu travailler sur des stratégies de contrôle de ces véhicules intelligents au plus près de la Silicon Valley. 

Catégorie : Bénéficiaires et lauréats

Publié le : 13/08/2020

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Explique-nous, pourquoi la Californie ?

Mon départ en Californie pour étudier à l’University of California, Berkeley a été motivé par la volonté d’apprendre aux côtés des chercheurs réputés travaillant sur les problématiques liées aux transports de demain et de me confronter à de nouveaux défis, loin de la France, au plus près de la Silicon Valley. Mon projet était ainsi d’effectuer un Master of Science en Mechanical Engineering avec une spécialité en contrôle des systèmes dynamiques complexes.
Dès les premiers mois, j’ai rejoint l’Intelligent Transportation Systems and Traffic Control Laboratory, dirigé par le Professeur Roberto Horowitz. Mon projet au sein de ce laboratoire se focalisait à montrer comment la cohabitation des véhicules normaux et autonomes pourront affecter négativement les conditions de circulation sur nos routes et ensuite, de développer des stratégies de contrôle de ces véhicules intelligents afin de remédier à ce problème.

Quel a été ton projet là-bas ?

Aujourd’hui, de plus en plus de chercheurs dans le monde académique et celui de l’industrie s’intéressent à développer des voitures autonomes et connectées qui seront capables de créer des pelotons de véhicules. Cet intérêt n’est pas nouveau mais aujourd’hui, les travaux et leurs réalisations se précisent. Ainsi, il est vraisemblable qu’à l’avenir des pelotons de véhicules intelligents partageront la route avec des véhicules normaux. Avoir des pelotons de véhicules sur la route semble à priori être une bonne chose, puisque des véhicules en pelotons prennent moins de place que des véhicules individuels. Cela semble donc jouer dans le sens de l’amélioration du trafic routier. Cependant, ces travaux se focalisent sur le comportement des véhicules au niveau individuel et perdent de vue une vision plus large des réseaux routiers. C’est à ce niveau que mon projet intervient. En réalité, sous certaines conditions, les conditions de circulation d’un réseau routier peuvent se détériorer de manière catastrophique à cause de l’apparition de pelotons. Ce sont donc des problématiques qu’il faut comprendre, étudier et résoudre avant d’envisager de déployer ce genre de technologie sur nos routes.

Grâce aux technologies d’aujourd’hui et de demain, le comportement des véhicules intelligents et la formation de pelotons peuvent se contrôler. J’ai donc développé à partir d’un modèle du trafic routier, un algorithme qui permet, grâce à certaines données du réseau routier, d’envoyer une consigne aux véhicules intelligents de former ou non des pelotons et si oui, de contrôler la distance à maintenir entre les véhicules du pelotons afin que celle-ci soit toujours optimale pour améliorer les conditions de circulation de l’ensemble du réseau routier.

Qu'est-ce que cette expérience t'as apportée ?

Académiquement, j’ai pu approfondir ma spécialité, mais aussi adapter mon cursus, selon ma recherche et mes intérêts. J’ai alors décidé de développer une deuxième expertise en intelligence artificielle. Appliquant ce domaine à ma spécialité, cela m’a mené à co-écrire un article, Improving Input-Output Linearizing Controllers for Bipedal Robots via Reinforcement Learning, qui sera présenté à la conférence Learning for Dynamics & Control.
Une expérience très marquante et formatrice fut d’enseigner et suivre l’évolution d’une quarantaine d’étudiants en bachelor au sein du département de physique de l’UC Berkeley.
Ce voyage a été enrichissant aussi au travers des rencontres effectuées. Étant le seul francophone de mon programme, j’ai pu complètement m’immerger dans la culture locale, nouant de fortes amitiés avec des américains et des personnes venant du monde entier.

J’ai eu l’occasion de mieux comprendre leur histoire, leurs traditions et, de voyager à travers le pays, découvrant de nouveau paysage.
Vivre et prendre part à la vie scientifique dans la région de la baie de San Francisco signifie être constamment entouré de personnes travaillant sur les technologies de demain. Étant continuellement exposé à une fusion d’idées et d’expériences, cela a définitivement contribué à élargir ma réflexion et curiosité scientifique et avec elle, mes horizons et opportunités professionnels.


Pour la suite, j’aimerais mettre en application les connaissances et les valeurs qui m’ont été transmises au cours de mes années à Toulouse et à Berkeley au monde de l’entreprise, que cela soit dans la région de San Francisco, en France, ou ailleurs.


 

J’aimerais remercier à nouveau la Fondation qui m’a accordé́ sa confiance et son soutien décisif pour ce séjour riche et inoubliable.