Marion, partie 5 mois en Norvège pour découvrir l'univers de la transition écologique

De janvier à juin 2021, Marion a pu partir en Norvège, à la NTNU afin d'y réaliser une substitution. Une destination choisie de par son implication forte dans le domaine de l'environnement et de la transition, des valeurs importante dans lesquelles Marion souhaitait acquérir des compétences. 

De retour a l'ISAE-SUPAERO, Marion a décidé de poursuivre dans cette voie, elle nous raconte !

 

Publié le : 01/11/2021

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Tu es partie en Norvège, pourquoi avoir choisi ce pays pour ta substitution ?

En arrivant en Norvège, la substitution représentait pour moi l’opportunité d’une ouverture vers une culture qui m’était encore inconnue. La présence physique dans le pays d’accueil était donc primordiale. Pour cette raison principalement, j’ai décidé de m’orienter vers une destination européenne. Mon choix s’est alors porté sur la Norvège. 

D’un point de vue culturel, malgré les nombreux voyages que j’avais pu réaliser, je n’avais jamais eu l’occasion de visiter le nord du continent européen. Cette opportunité était donc unique et j’avais bien l’intention de la mettre à profit afin de découvrir toutes les richesses que renfermait la Norvège. 

D’un point de vue purement linguistique, j’espérais grâce à cette substitution, consolider mon niveau d’anglais en ajoutant de nombreux termes scientifiques et techniques à mon vocabulaire. 

Sur le plan académique, il me semble que des études dans un pays nordique tel que la Norvège peut s’avérer être un réel atout dans l’optique d’une carrière d’ingénieure. En effet, la Norvège est un pays qui s’est affirmé comme une carte maîtresse dans la lutte contre le réchauffement climatique avec de nombreuses actions menées dans le domaine de l’environnement (domaine qui m’attire particulièrement aujourd’hui). Savoir comment la société des pays nordiques fonctionne, ainsi que connaître les rudiments de la culture et de la langue norvégienne pourra donc se révéler très utile dans une potentielle poursuite dans le secteur de l’environnement.

En un mot, mon séjour s’est merveilleusement bien passé, sur tous les plans. 

Quels cours as-tu suivi là-bas ?

Académiquement, j’ai eu la chance de pouvoir choisir des cours très variés qui m’ont tous passionnés. Comme je l’ai mentionné ci-dessus, j’avais choisi cette destination car, selon moi, la Norvège est un acteur phare de la transition écologique et je voulais orienter mes études dans ce domaine. J’ai donc suivi deux cours en lien avec l’environnement. Le premier intitulé « Energy Resources » dressait un panel de l’ensemble des différentes énergies utilisées et en voie de développement aujourd’hui. Le détail de chacune de ces énergies (pétrole, gaz, éolien, marémotrice, houlomotrice, éolien offshore, nucléaire, biomasse, etc) introduisait des concepts scientifiques nouveaux. Bien que ces concepts aient été abordés dans le cadre de mes études passées (classes préparatoires, début du cursus ingénieur à l’ISAE-SUPAERO), la découverte de leurs applications concrètes dans ce secteur a été une révélation pour moi. 

Le second cours intitulé « Sustainable Management of Ecosystem Services » était un cours inter-disciplinaire qui regroupait des étudiants d’horizons et nationalités très variés. C’était à la fois la richesse et le challenge de ce cours. J’ai dû sortir de ma zone de confort en collaborant avec des biologistes et géologues autour d’un projet sur les problèmes auxquels faisait face le secteur de la pêche, sujet qui m’était complètement inconnu ! Pourtant les thèmes n’étaient pas arbitrairement attribués, je l’ai volontairement choisi car j’ai toujours été attirée par l’océan et les richesses qu’il renferme (probablement de par mon enfance polynésienne). J’ai donc dû faire preuve d’adaptation, d’humilité face à des personnes bien plus renseignées que moi. Aussi, ce cours était basé sur la discussion, le débat autour de la gestion des différents écosystèmes dans les secteurs de l’agriculture, de l’aquaculture, de l’industrie forestière, de la pêche et des énergies renouvelables. Les séances faisaient intervenir à la fois des chercheurs et des acteurs de chacune des industries mentionnées ci-dessus afin de soulever les problèmes et conflits existant dans la situation du monde actuel et de proposer des pistes de solutions pour les résoudre. Enfin, « cerise sur le gâteau », la formation s’est terminée par une excursion dans une ferme d’aquaculture à une heure et demie de ferry de Trondheim. C’était inespéré en temps de crise sanitaire et pourtant, elle a bien eu lieu. Là encore, c’était une découverte pour moi, je n’avais jamais vu de mes propres yeux ce type d’exploitation. Bien que forcément subjectif dans sa présentation, le guide n’a pas écarté nos questions qui pouvaient porter à controverse, que ce soit sur le bien-être des poissons en cage, sur le type de nourriture utilisée pour la culture de masse, ou sur l’impact écologique de l’activité en elle-même. En se confrontant à divers points de vue sur un même sujet, il est plus facile de se faire sa propre opinion sur la question.

 

Mon troisième cours, « Space Technology II » était plus en lien direct avec la formation suivie à l’ISAE-SUPAERO. Il s’agissait d’un cours plus en autonomie avec des travaux très variés qui m’ont permis de développer des qualités nouvelles telles que la capacité à rédiger un « essay » scientifique en anglais. Cela m’a permis d’approfondir mon intérêt pour le spatial en explorant des thèmes nouveaux comme les défis bio-physiques à relever pour aller sur Mars. En théorie, le cours devait comprendre une sortie scolaire d’une semaine à l’Andøya Space Center à la fin de l’année avec le lancement d’une fusée étudiante dans laquelle on aurait installé nous-mêmes les différents capteurs. Cela aurait été l’aboutissement d’un beau projet d’un semestre et l’occasion de visiter et d’observer le fonctionnement d’un centre spatial à de très hautes latitudes. Malheureusement, le COVID-19 en a décidé autrement et l’excursion physique n’a pas pu se faire. Néanmoins, des cours digitalisés et une visite virtuelle ont pu nous laisser un aperçu ce que nous aurions vivre.

Enfin, j’ai choisi un dernier cours très éloigné de ma formation d’ingénieur mais qui me tenait à cœur : « Human Anatomy and Physiology ». C’était de loin le cours le plus demandant et sollicitant en terme de travail personnel mais que je ne regrette absolument pas parce qu’il a parfaitement répondu à mes attentes. Grâce à cette « introduction à la médecine », j’ai pu renouer avec le côté « vivant » et « biologie » qui me manquait depuis le début de mes études post-bac et effacer les quelques doutes que j’avais quant à mon orientation.

Que retires-tu de cette expérience en Norvège ? 

Sur le plan culturel et personnel, ce semestre a été très riche en émotions et en rencontres ! Comme expliqué plus haut, en choisissant une substitution physique du S4 à l’étranger, ma principale motivation était d’aller à la rencontre de nouvelles cultures (pas seulement celle du pays d’accueil), de nouvelles coutumes, de nouvelles personnalités, et je n’ai pas été déçue ! J’ai d’abord eu la chance d’obtenir un logement en résidence étudiante et d’être en colocation avec trois étudiantes de nationalités toutes différentes (une Allemande, une Indienne et une Norvégienne) et avec qui je me suis très bien entendue. Mon road-trip avec mes colocataires vers l’Atlantic Road au tout début de ma substitution a été un moment fort du séjour puisqu’il nous a vraiment appris à nous connaître et nous a soudées pour le reste du semestre. Cette bonne entente et amitié naissante a été un véritable plus pendant mon séjour puisque la situation sanitaire du moment était un grand frein aux nouvelles rencontres. Néanmoins, par connaissances interposées, j’ai pu découvrir des personnes venant des quatre coins du monde et avec elles, leurs cultures, leurs traditions, leurs spécialités culinaires. J’ai maintenant des adresses et points de chutes dans chaque continent !

Bien sûr, je ne peux pas parler de la Norvège sans mentionner son atout principal à mes yeux : ses paysages à couper le souffle et sa nature qui offre de quoi se ressourcer, s’évader et partager des moments inoubliables ! Dans le cadre du « Viking challenge », le bain dans le fjord de Trondheim au mois de février dans une eau à 3 °C fait définitivement des moments marquants ce séjour norvégien ! De même, un week-end entre amis dans un chalet de bois sans eau ni électricité, avec uniquement un poêle à bois pour se chauffer est une expérience unique et qui laisse des souvenirs inoubliables. Enfin, pour les amoureux de nature et d’activités en extérieur, la Norvège (et notamment Trondheim) est un endroit idéal. En effet, même en ville, la nature n’est jamais très loin et il suffit de quelques minutes de bus pour se retrouver en forêt, sur une piste de ski de fond, avec de la neige jusqu’aux genoux ou du vert à perte de vue selon la saison. Enfin, je ne pourrais pas parler des paysages norvégiens en omettant les fameuses et mondialement connues aurores boréales. J’ai eu la chance, pendant mon séjour de presque six mois, de les apercevoir plus de quatre fois ! La première fois, au mois de février, est indiscutablement mémorable, à la fois pour le phénomène en lui-même que je n’avais jamais observé de mes propres yeux avant et qui créait une atmosphère quelque peu magique autour, et pour la souffrance endurée due à la température record de -20 °C qu’il faisait ce soir-là. 

Quelle sera la suite de ton parcours ?

Ce séjour a été une véritable révélation sur de nombreux points, aussi bien académiques / professionnels que personnels. J’étais partie en voulant explorer la piste du secteur de l’environnement pour mon projet professionnel sans être trop sûre de moi et j’en ressors avec beaucoup moins de doutes. Tout d’abord, mon semestre à NTNU m’a conforté dans mon choix de filière et domaine pour ma dernière année à l’ISAE-SUPAERO. J’ai donc choisi la filière Observation de la Terre et de l’Univers (OTSU) parcours Sciences de la Terre et de l’Environnement (STE) et le domaine Energie, Transport et Environnement (ETE). Ces deux axes de spécialisation me permettront d’orienter et de pousser ma formation dans le secteur de l’environnement afin de favoriser l’obtention d’un stage de fin d’études (et pourquoi pas d’un premier emploi) dans ce domaine. De plus, j’ai candidaté et été acceptée dans le Master recherche complémentaire de la filière STE de l’Université Paul Sabatier intitulé Sciences de l’Atmosphère, de l’Océan et du Climat (SOAC) option Dynamique du Climat (DC), ce qui prouve mon enthousiasme pour ce secteur avec un intérêt particulier pour le développement des énergies renouvelables marines telles que les énergies marémotrice, houlomotrice et éolienne offshore. De plus, pour commencer à « mettre un pied » dans ce type d’industrie, j’ai pu trouver un stage d’été d’une durée de six semaines dans une entreprise qui fabrique des systèmes LIDAR visant à mesurer la vitesse du vent et trouvant de nombreuses applications dans le développement de l’éolien à la fois onshore et offshore. Ce semestre a également balayé mes doutes sur mon orientation qui me hantaient depuis mon choix de Terminale où j’ai renoncé aux études de médecine. J’ai réussi à définitivement tourner cette page pour me projeter vers l’avant.

 

Pour ce qui est des possibles valeurs ajoutées pour les recherches de l’ISAE-SUPAERO, dans le cadre de mon cours « Space Technology II », j’ai pu rencontrer et échanger avec des étudiants quasi exclusivement norvégiens et passionnés de spatial et qui étaient très curieux de mon parcours. L’université NTNU ne proposant pas de parcours spécialement dédié au spatial (il me semble que seulement trois ou quatre cours de leur catalogue sont consacrés à ce secteur), les étudiants étaient très contents de découvrir qu’il existait des écoles dans un pays proche de chez eux qui proposait ce genre de formation. J’espère que mon témoignage attirera, dans l’autre sens, quelques étudiants norvégiens à l’ISAE !

 

En conclusion, j’ai été ravie de mon expérience à Trondheim. Je suis revenue enchantée sur tous les plans, que ce soit académique, culturel ou personnel. Et si c’était à refaire, pour rien au monde je ne changerais de destination !

Encore un grand merci à la Fondation pour m’avoir soutenue dans cette belle aventure !!