Donner l'énergie d'entreprendre

Une enfance sur 3 continents, un séjour linguistique à Berkeley en terminal où il découvre le campus et les laboratoires, une prépa à Versailles, Pierre Habté Nouvellon choisit L'ISAE-SUPAERO pour sa qualité d'enseignement et son campus. Sans être attiré par l'aéro, il a déjà l'idée de s'orienter vers l'entrepreneuriat et choisit ses options dans ce sens.

Catégorie : Bénéficiaires et lauréats

Publié le : 16/11/2018

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En 2017, il est accepté à Columbia University mais préfère Berkeley et bénéficie d'une bourse d'excellence à la mobilité de la Fondation ISAE-SUPAERO. Il se passionne pour le machine learning (ML) et les computer sciences : "J’ai commencé à prendre des cours de ML tout seul sur Coursera. La tech m’attirait plus que la finance. A Berkeley j’ai pris tous les cours possibles en lien avec le machine learning (computer vision, deeplearning, optimisation etc). J’ai fini par cumuler le double de crédits nécessaires pour avoir mon master. Le bon niveau en maths de ma formation en France m’a permis d’être à l’aise sur la partie théorique de ces cours, et donc de me concentrer sur la pratique. »

Dans le cadre d’un projet de cours Pierre-Habté commence à travailler, avec deux amis, sur un projet de chatbot/professeur intelligent. Il développe un algorithme pour classifier les exercices de cours de collégiens. A partir d’une photo d’un exercice, l’algorithme était capable d’identifier les compétences évaluées et ainsi proposer du contenu adapté pour sa résolution. Pierre-Habté continue à prendre ses cours et développe son projet en même temps.

"Une des choses les plus difficiles a été de monter une startup et suivre tous les cours en même temps"

En Mars 2018, sa startup est acceptée à The Refiners, un accélérateur basé à San Francisco.

" Nous avions plus de 5000 utilisateurs sur notre bot messenger, mais trouver des fonds dans l’éducation est très difficile. Nous nous sommes donc concentrer sur la fonctionnalité qui marchait le mieux : donner des petits résumés de news ou faits intéressants, appelées snips, en utilisant les codes de la génération Z. Snipfeed est ainsi né"

En effet, les plus gros challenges du professeur particulier intelligent étaient de comprendre ce que l’élève n’avait pas compris, trouver le bon modèle économique et surtout convaincre les investisseurs.

"Juste avant la fin de mon master nous avons opéré un virage à 180 degré sur notre projet. Si je n’avais pas eu la bourse de la Fondation, j’aurais été endetté et aurais donc dû trouver un job à la fin de mon master. La question de l’entrepreneuriat ne se serait pas posée. "

En juin 2018, Snipfeed est sélectionné parmi plus de 1500 startups pour participer au programme d’accélération de Skydeck, l'accélérateur de UC Berkeley (6 mois). "Ils ont investi 100 000 dollars et nous ont donné accès à un réseau incroyable dans la Silicon Valley"

"Nous avons actuellement 70 000 utilisateurs par semaine sur les applications de messagerie (Facebook messenger, Kik, Google Assistant, Telegram) avec une rétention de plus de 60% à J+30 sur les plus jeunes populations : du jamais vu pour un bot. En Septembre 2018 Snipfeed était classé 1er pour les bots d’actualité aux US. Nous sommes actuellement en pleine levée de fonds pour développer l’app. La levée de 2 millions de dollars sera faite en grande partie auprès de business angels, en France comme aux US."

"Quand je vois que grâce à Snipfeed, Rachel, l’adolescente de classe moyenne dans le Minnesota, commence à suivre les news sur l’évolution de la mission InSight sur Mars, cela me rend très heureux ! Grâce à notre système de recommandation basé sur l’IA et le format novateur du Snip, des milliers de jeunes américains découvrent, comme elle, des points d’intérêt qu’ils n’auraient jamais suspectés et suivent ainsi l’actualité de façon fun. "

"Demain ? … Je souhaite que l'on devienne le médium numéro 1 d’information et découverte de contenu pour les jeunes. Je voudrais que l'on dise "j’ai vu cette news sur Snipfeed ce matin". Et après demain? … pourquoi pas investir en Ethiopie, d'où vient ma mère, pour y aider des entrepreneurs à se lancer.


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