Quentin Arnaud et Loïc Le Cabec, aujourd’hui en 3ème année à l’ISAE-SUPAERO, ont bénéficié d’une bourse de la Fondation pour financer leur stage de césure à l’Université de Tohoku à Sendai (Japon). Zoom sur leur séjour d’études au sein du laboratoire de robotique spatiale, sous la supervision du professeur Kazuya Yoshida.

Catégorie : Bénéficiaires et lauréats

Publié le : 22/11/2017

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Bonjour Quentin, bonjour Loïc. Pourquoi cette envie d’effectuer un stage de recherche au laboratoire de robotique spatiale de l’Université de Yoshida ?  

Loïc : Le laboratoire de robotique spatiale de l’Université de Tohoku accueille de nombreux étudiants et chercheurs étrangers qui viennent coopérer ensemble sous la tutelle du professeur Yoshida. Ce professeur est un personnage emblématique de l’ingénierie aérospatiale et a une réelle expertise dans les domaines des nanosatellites et des rovers lunaires. Je voulais bénéficier de cette effervescence tout en évoluant auprès de spécialistes renommés de l’ingénierie aérospatiale et au Japon pour son savoir-faire dans les technologies robotiques.

 

 

Quentin : Le laboratoire est notamment connu pour sa participation au Google Lunar XPrize qui prend la forme d’une course lunaire internationale dédiée aux acteurs du spatial non gouvernementaux, capable d’envoyer un rover sur la Lune, de le faire se déplacer sur 500 m au moins et de transmettre une bonne qualité d’images. L’équipe du professeur Yoshida, regroupée sous le nom de Hakuto, est aujourd’hui en phase finale du concours Google Lunar XPrize. Leur ambition est d’exploiter les cavités lunaires pour potentiellement faire de la Lune un deuxième foyer. C’est de ce projet que découle la ligne directrice du laboratoire.

Loïc : La philosophie du professeur est en effet de faire de l’espace un univers ouvert à tous et non pas réserver à quelques acteurs traditionnels. Dans cette optique, le professeur Yoshida propose chaque année aux nouveaux venus du laboratoire de travailler sur l’élaboration d’un rover. C’est dans ce contexte que prend corps notre projet.
Quentin et moi-même étions plus intégrés au projet Koguma, qui est une suite plus élaborée du projet Hakuto. Le but ici est aussi d’explorer la surface de la Lune, mais cette fois ci, ce n’est pas un robot mais une collection de robots qui réalisera cette tâche.

En quoi consistaient vos travaux de recherche ?

Quentin : Nous travaillions sur l’élaboration d’un logiciel de localisation par vision stéréo. En effet, les robots du projet Hakuto doivent pouvoir communiquer en interne pour s’organiser, et ce, dans le but d’explorer et de quadriller toute une zone de la surface lunaire. Pour ce faire, chaque robot doit être équipé d’un système de localisation. Nous nous sommes répartis les tâches comme suit : je travaillais autour de l’analyse et de l’extraction de points d’intérêts tridimentionnels grâce aux images, ainsi que de l’élaboration d’un système permettant de mesurer leur fiabilité au cours du temps.

 

 

Loïc : De mon côté, je m’occupais de la réalisation d’un algorithme de type SLAM prenant en entrée ces points d’intérêts 3D. Notre objectif était de fusionner nos deux codes afin d’avoir un algorithme de localisation complet.

Que vous a apporté ce séjour d’études au Japon ?

Loïc : Ce stage a été très riche d’un point de vue technique et culturel. J’ai pu mettre en pratique les connaissances acquises durant mon cursus et améliorer considérablement mes compétences en programmation. Ce stage a confirmé mon envie d’évoluer à plus long terme dans le domaine du spatial et de l’exploration planétaire.

Quentin : Même idée, ce séjour m’a conforté dans l’idée de me spécialiser davantage dans le développement de logiciel pour les systèmes embarqués. Humainement, ce fut aussi très riche : nous avons pu collaborer avec des personnes venant de tous les horizons ainsi que voyager à-travers un pays incroyable, tant par sa culture que ses paysages. Sans le soutien financier de la Fondation, ce voyage aurait été bien moins riche. C’est pourquoi nous tenions à remercier grandement la Fondation ISAE-SUPAERO qui a rendu ce voyage inoubliable.